« Mon broyeur, je le rembourse en un an rien qu’en économisant sur le café. » Faux : il faut quatorze mille tasses. Le broyeur se rattrape face aux capsules, jamais face au moulu.
| Critère | Grain | Moulu |
|---|---|---|
| Prix relevé (€/kg) | environ 20 | environ 20 |
| Ticket d’entrée matériel (€) | 40 à 600 | 0 |
| Dose par tasse (g) | 7 à 14, réglable | 7 |
| Tenue après ouverture | plusieurs semaines | deux à trois semaines |
| Choix de la mouture | libre | figé à l’usine |
| Entretien | détartrage, groupe à rincer | aucun |
| Part du marché français | 25,9 % | le reste, avec les dosettes |
Le prix au kilo sépare moins que ce qu’on annonce
Les vendeurs de grain avancent 15 à 30 % d’écart en leur faveur. Le relevé ne le confirme pas. L’UFC-Que Choisir a passé 52 références en ligne en décembre 2025 et range le grain et le moulu dans la même case, autour de 20 € le kilo. Les capsules, elles, montent à près de 60 €.
L’écart existe, mais il se joue entre qualités et entre marques, pas entre formats. Un moulu de torréfacteur coûte plus cher qu’un grain industriel de grande surface. Le paquet de moulu premier prix descend sous 12 € quand le grain de spécialité passe les 30 €.
Compare plutôt la même référence dans les deux conditionnements. L’écart tombe alors à 1 ou 2 € le kilo, parfois à zéro. Moudre coûte quelques centimes au torréfacteur, et beaucoup le font sans rien facturer, devant toi, à la boutique.
Le nombre de tasses qui rembourse un broyeur
Une tasse pèse 7 grammes. C’est la base de calcul du Collectif Café, la fédération de la filière : un café industriel à 14 € le kilo revient à 10 centimes la tasse, un café de spécialité à 20 € le kilo à 14 centimes. Un kilo donne donc 142 tasses, et 1 € d’écart au kilo pèse 0,7 centime dans la tasse.
Prends l’hypothèse la plus généreuse pour le grain : 3 € d’écart au kilo. Ça fait 2,1 centimes gagnés par tasse. Une machine à broyeur d’entrée de gamme démarre à 300 €. Divise. Quatorze mille tasses, soit dix-sept ans à la consommation française moyenne de 2,3 tasses par jour.
Aucune machine à broyeur ne tient dix-sept ans.
Le réglage d’intensité annule l’écart
Le piège est dans la machine. Une automatique ne dose pas 7 grammes : le sélecteur d’intensité fait varier la mouture de 7 à 14 grammes selon les modèles, et le réglage sorti d’usine n’est pas au minimum. Deux grammes de plus, c’est près de 30 % de café en plus dans chaque tasse.
À 20 € le kilo, la tasse monte alors de 14 à 18 centimes. Les 2 centimes que tu gagnais au kilo sont partis, et tu paies 2 centimes de plus par-dessus.
Personne ne t’en parle en magasin. Le café bien serré est ce qui fait acheter la machine en démonstration.
La fraîcheur, le seul terrain où le grain gagne pour de bon
Moudre multiplie la surface exposée à l’air dans des proportions énormes. Un paquet de moulu ouvert perd son nez en deux ou trois semaines, quel qu’en soit le prix. Le grain tient nettement plus longtemps, et il te laisse le choix de la mouture : fine pour un expresso, grossière pour une cafetière à piston.
Le moulu, lui, est calibré une fois pour toutes, en général pour le filtre. Sur un percolateur, ça donne une tasse acide et courte, et aucun réglage ne rattrape ça.
Ce gain-là se boit, il ne se compte pas. Le grain pèse 25,9 % du marché français, et il ne les a pas pris sur un calcul de rentabilité.
Le moulin à 40 € règle la question sans la machine
Tu veux la fraîcheur du grain, tu ne veux pas de broyeur : achète un moulin à main. Un modèle correct coûte 40 €. Avec le même écart de 2,1 centimes la tasse, il est remboursé en 1 900 tasses, un peu plus de deux ans à trois tasses par jour. Rien à détartrer, aucune pièce d’usure.
Le prix, c’est du temps : une minute de manivelle, chaque matin. Le moulin électrique à lames à 25 € va plus vite, mais il hache au lieu de moudre. La mouture sort irrégulière, et sur un expresso ça s’entend dès la première gorgée.
Ce que les deux formats partagent
Même origine, même torréfaction, même paquet à une opération près. Ni l’un ni l’autre ne se garde au réfrigérateur : l’humidité abîme plus vite que l’air. Les deux veulent un contenant opaque, fermé, à température ambiante, loin des plaques.
Et les deux tombent de la même façon sur une eau calcaire. Un filtre à 15 € change davantage ta tasse qu’un passage au grain.
Qui prend quoi
Tu prends le moulu si tu bois deux ou trois cafés par jour et que ta cafetière fonctionne. L’écart au kilo dépasse rarement 3 €, soit 2 centimes la tasse. Les 300 € de la machine réclament quatorze mille tasses, et elle cassera avant.
Tu prends le grain si tu viens des capsules, ou si vous êtes trois à en boire le matin. Face aux 60 € le kilo relevés sur les capsules contre 20 € sur le grain, chaque tasse te rend près de 20 centimes : la même machine à 300 € est remboursée en 1 700 tasses, un an et demi à trois tasses par jour.